UNE HISTOIRE DE LA TOURAINE À TRAVERS SES ROCHES

5 - AU TURONIEN

Échelle stratigraphique simplifiée (les millions d'années (MA) correspondent au début de la période) :

4500 MA 540 MA 250 MA 65 MA
Ères Précambrien Paléozoïque (Ère primaire) Mésozoïque (Ère secondaire) Cénozoïque (Ères tertiaire + quaternaire)
Périodes Trias Jurassique Crétacé
Époques Crétacé inférieur Crétacé supérieur
96 MA 92 MA 88 MA
Étages Cénomanien Turonien Sénonien

Les dépôts marins deviennent calcaires : une craie argileuse…
En continuité avec le Cénomanien, la mer dépose un autre type de sédiment : une boue calcaro-argileuse qui se traduit aujourd’hui par une craie tendre, riche en argile, grisâtre mais blanchissant à l’air. La sédimentation s’est faite dans une mer calme et profonde de quelques dizaines de mètres. Les fossiles sont principalement représentés par des inocérames, bivalves caractéristiques de l’ère secondaire.


Craie argileuse avec inocérames - origine : Verneuil-le-Château

Puis une craie micacée…
Après la craie argileuse, la mer dépose un calcaire tendre, sableux, appelé aussi tuffeau blanc. Cette roche contient çà et là quelques paillettes de mica blanc (muscovite), d’où le terme de craie micacée. La sédimentation a dû se faire dans une mer un peu moins profonde que celle de la craie argileuse. Les fossiles sont principalement des bivalves dont il ne reste le plus souvent que les moulages externes ou internes.


Craie micacée (tuffeau blanc) avec moulage externe de bivalve - origine : inconnue (trouvé à Tours dans des déblais de construction)

Et enfin le tuffeau jaune…
À la fin du Turonien, la mer est moins profonde, plus littorale et les dépôts sont riches en éléments détritiques provenant de l’érosion des proches continents (Massif central et Massif armoricain). Ces dépôts sont localement constitués de sables mais le faciès le plus fréquent est représenté par le tuffeau jaune, calcaire sableux riche en débris de fossiles. Ce calcaire se présente le plus souvent sous forme de bancs de l’ordre d’un mètre d’épaisseur, ces bancs montrant à leur sommet un hard-ground (surface durcie, encroûtée d’oxydes de fer et de manganèse, traduisant un arrêt momentané de sédimentation, et donc, un retrait temporaire de la mer). Outre les nombreux débris de fossiles (bryozoaires, annélidés, échinidés, bivalves, …), les macro-fossiles peuvent être localement abondants et sont constitués principalement de mollusques dont on ne retrouve le plus souvent que les moulages internes ou externes.

      
Tuffeau jaune avec empreintes de bivalves (Cytherea) - origine : Lussault-sur-Loire      Fragment de moule interne d'ammonite en tuffeau jaune - origine : inconnue



Bivalve caractéristique du tuffeau jaune : moule externe de trigonie - origine : inconnue

Voir des photos d'un affleurement de tuffeau jaune près d'Amboise.

Les 3 formations géologiques du Turonien contiennent des silex, soit sous forme de bancs, soit sous forme de rognons isolés. Ce sont les grandes dalles de silex du Turonien supérieur qui sont à l'origine de la riche préhistoire de la région du Grand-Pressigny.
L’ensemble du Turonien représente une épaisseur d’une centaine de mètres.

D'autres fossiles sont visibles sur les pages consacrées au Turonien.
Voir aussi d'autres commentaires sur le Turonien.

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